Entre fauves, Colin Niel

41xwh53xhql♠ Titre : Entre fauves

♠ Auteur : Colin Niel

♠ Éditeur : Rouergue (Noir)

♠ Année de parution : 2020

♠ Nombre de pages : 352

♠ Genre : roman noir

Bonjour ! Second achat du dernier craquage, je viens de terminer Entre fauves de Colin Niel. C’est un auteur que je découvre avec ce roman, on m’a maintes fois conseiller son grand frère Seules les bêtes (que je lirai certainement prochainement)…


La 4ème

Martin est garde au parc national des Pyrénées. Il travaille notamment au suivi des derniers ours. Mais depuis un an et demi, on n’a plus trouvé la moindre trace de Cannellito, le seul plantigrade avec un peu de sang pyrénéen qui fréquentait encore ces forêts, pas d’empreinte de tout l’hiver, aucun poil sur les centaines d’arbres observés. Martin en est chaque jour plus convaincu : les chasseurs auront eu la peau de l’animal. L’histoire des hommes, n’est-ce pas celle du massacre de la faune sauvage ? Alors, lorsqu’il tombe sur un cliché montrant une jeune femme devant la dépouille d’un lion, arc de chasse en main, il est déterminé à la retrouver et la livrer en pâture à l’opinion publique. Même si d’elle, il ne connaît qu’un pseudonyme sur les réseaux sociaux : Leg Holas. Et rien de ce qui s’est joué, quelques semaines plus tôt, en Afrique.

Entre chasse au fauve et chasse à l’homme, vallée d’Aspe dans les Pyrénées enneigées et désert du Kaokoland en Namibie, Colin Niel tisse une intrigue cruelle où aucun chasseur n’est jamais sûr de sa proie.

Appréciation

Voilà un roman que j’ai eu du mal à lâcher. Je ne connaissais pas encore Colin Niel, me voici conquise !

L’auteur nous propose une réflexion profonde sur le monde de la chasse aux trophées. Pour cela, il emploie quatre voix qui s’alternent selon les chapitres. La première est celle de Martin, un garde de parc national dans les Pyrénées. C’est un spécialiste de la faune, un randonneur et surtout, un activiste pour les droits des animaux et la sauvegarde des espèces. Dans son parc, l’ours Cannellito n’a pas été aperçu depuis un an et demi, ce qui l’inquiète. Mais parallèlement à ses devoirs de garde, il est aussi membre d’un groupe facebook punitif, Stop Hunting France, dans lequel les membres partagent des photos de chasseurs posant fièrement à côté de leurs « trophées ». Ces derniers sont livrés en pâture aux réseaux sociaux avec leurs noms et adresses. Et puis, une photo arrive un jour sur le groupe. Une femme blonde tient un arc à la main devant la dépouille d’un lion. Et nul ne parvient à l’identifier…

Nous rencontrons également Charles, un lion du désert. Vivant en Namibie, il a appris à s’adapter à la sécheresse et aux grosses chaleurs, en se rapprochant des Hommes qui parquent leurs animaux dans leurs kraals. En grand prédateur, Charles parvient à survivre en mangeant les vaches, chèvres et autres cheptels menés par les autochtones. Mais en faisant un festin de 90 bêtes, le lion va se dessiner une cible sur le museau.

Kondjima est un jeune Himba, tribu du nord de la Namibie. Son village est un des plus pauvres de la région, et la sécheresse n’aide pas pour la survie de sa famille. Son père décide alors d’emmener ses chèvres dans la montagne, à la recherche d’un peu d’herbe à brouter. Mais lors d’une nuit où les bêtes sont paisiblement installées dans le kraal que Kondjima a construit, un prédateur ô combien dangereux saisit l’occasion. Le père, trop pleutre, ne se risque pas à tenter de sauver ses chèvres. Kondjima, lui, tente de faire fuir le lion, mais en vain… Ce sont 90 chèvres qui seront tuées cette nuit-là… L’intégralité des biens de la famille.

Enfin, nous découvrons Apolline, une jeune femme qui fête ses 20 ans. C’est son premier anniversaire depuis la mort de sa mère, un an plus tôt. Pour l’occasion, toute la famille est rassemblée et a rapporté un présent, dont le plus exceptionnel est un arc à poulies Mathews AVAIL, son rêve. Mais à ce cadeau hors de prix, une surprise s’ajoute de la part de son père : une chasse au lion en Namibie. Issue d’une famille de chasseur, le lion est la seconde proie la plus convoitée d’entre toutes, et donc par Apolline qui n’ose même pas en rêver. Elle se prépare donc avec son père à un voyage extraordinaire en Namibie.

Bon, j’ai peut-être un peu abusé avec ce résumé à ma sauce, mais je vous promets que ce ne sont que les premiers chapitres. On comprend dès le départ que les enjeux sont très élevés pour chacun des protagonistes, et même si je suis personnellement du côté de la défense animale, chaque personnage a pu gagner mon cœur ou lui faire des trous. Aucun chapitre ne m’a laissée indifférente. Colin Niel est virtuose pour maintenir son lecteur dans l’expectative, et rien ne semble joué d’avance. Ces quatre destins sont liés du début à la fin du roman. Les choix des personnages, pertinents, désarmants, fous, sont autant de petites pierres qui jalonnent un récit surprenant et riche de réflexions profondes.

Au-delà d’un plaidoyer pour la défense animale et l’écologie, l’auteur nous propose un jeu entre proie et prédateur. Les définitions perdent leurs frontières, se noient dans le flou, jouent avec nos idées préconçues et nos croyances. C’est absolument bien écrit, avec foison de détails issus d’une recherche rigoureuse que l’auteur évoque dans ses remerciements. Je me suis prêtée au jeu en refermant le roman, suis allée voir l’histoire de Cannelle, ourse tuée par des chasseurs en 2004, et de son petit Cannellito, disparu brièvement en 2017, derniers représentants de leur espèce. J’ai découvert Charlie Xpl-114, superbe lionne protégée et surveillée en Namibie. J’ai découvert la tribu des Himbas. J’ai appris la réalité de la chasse aux trophées.

Et bien sûr, il s’agit d’un roman noir, alors attendez-vous à être secoués. Colin Niel ne fait pas dans le glauque ou le gore, mais dans le vrai et l’incisif. Si heureusement le roman nous fait part de bonnes nouvelles, il est aussi surprenant et fait vaciller les convictions en jouant avec son lecteur.

En résumé, j’ai adoré ce roman. Parfois dur pour moi qui ne mange plus de viande depuis plus de 5 ans et qui suis très sensible à la cause animale, il a su cependant me convaincre par une écriture incroyable, des personnages profonds et complexes, et une intrigue originale et bien ficelée. Je ne peux que tirer mon chapeau (ça faisait longtemps) et aller acheter ses titres précédents. Waow.

Que d/lire après un roman pareil ? Il me reste une petite parution d’Alma Editeur qui me semble fort prometteuse, et qui, croyez-le ou non, parle aussi de défense animale… A sa manière !

2 réflexions sur “Entre fauves, Colin Niel

  1. Pingback: Entre fauves, Colin Niel – Pamolico, critiques romans, cinéma, séries

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