Et toujours les Forêts, Sandrine Collette

710hf5vnail-1♠ Titre : Et toujours les Forêts

♠ Auteur : Sandrine Collette

♠ Éditeur : JC Lattès

♠ Année de parution : 2020

♠ Nombre de pages : 334

♠ Genre : apocalyptique /noir /tranche de vie

Bonjour ! Après une chronique un peu bizarre la semaine dernière, j’ai passé mon weekend sur le dernier roman de Sandrine Collette, Et toujours les Forêts. Je ne connaissais pas encore cette autrice, mais en faisant mon petit marché pour la rentrée littéraire d’hiver, j’ai été appâtée par la 4ème et… Il a fini dans ma bibliothèque !


La 4ème

Corentin, personne n’en voulait. Ni son père envolé, ni les commères dont les rumeurs abreuvent le village, ni surtout sa mère, qui rêve de s’en débarrasser. Traîné de foyer en foyer, son enfance est une errance. Jusqu’au jour où sa mère l’abandonne à Augustine, l’une des vieilles du hameau. Au creux de la vallée des Forêts, ce territoire hostile où habite l’aïeule, une vie recommence.

À la grande ville où le propulsent ses études, Corentin plonge sans retenue dans les lumières et la fête permanente. Autour de lui, le monde brûle. La chaleur n’en finit pas d’assécher la terre. Les ruisseaux de son enfance ont tari depuis longtemps ; les arbres perdent leurs feuilles au mois de juin. Quelque chose se prépare.

La nuit où tout implose, Corentin survit miraculeusement, caché au fond des catacombes. Revenu à la surface dans un univers dévasté, il est seul. Humains ou bêtes : il ne reste rien. Guidé par l’espoir insensé de retrouver la vieille Augustine, Corentin prend le long chemin des Forêts. Une quête éperdue, arrachée à ses entrailles, avec pour obsession la renaissance d’un monde désert, et la certitude que rien ne s’arrête jamais complètement.

Appréciation

Heu, waow. Quand je pense que j’étais passée à côté d’une plume pareille lors de mes explorations dans la littérature contemporaine francophone. Ce roman, je ne sais même pas où le placer. Fable écologique ? Roman post-apocalyptique ? Tranche de vie ? Roman noir ? Aucun ? Ou bien tout en même temps ?

Reprenons. Corentin, donc, est mal parti dans la vie avec un père décédé et une mère qui ne l’a jamais désiré et s’en débarrasse à la moindre occasion. Elle finit par le laisser au bout d’un chemin, chemin qui mène à la maison de sa grand-mère, au cœur des Forêts. Là, la vie du protagoniste commence vraiment. Après avoir repris pied, il part poursuivre des études à la ville et revient de moins en moins rendre visite à Augustine. Avec sa bande d’amis, ils se réfugient régulièrement dans les catacombes pour boire et refaire le monde ; « et après ? »

Et après, ce ne sera pas l’après études supérieures, mais après la mort de tout. Une catastrophe survient l’une de ces nuits où ils s’enfouissent sous terre. Lorsque, plusieurs jours après le cataclysme, ils sortent de leur planque, plus rien n’existe que le vide et le silence. Abandonné par ses camarades survivants, Corentin prend la seule décision qui lui permettra de continuer : retourner aux Forêts, retrouver Augustine, vivante ou morte.

J’ai rarement été aussi bouleversée par un roman. L’écriture de Sandrine Collette est dans le même temps plutôt distante et incroyablement sensible. J’étais déjà extrêmement touchée par l’enfance atroce de Corentin petit avec sa mère, mais l’après catastrophe m’a complètement chamboulée. La description du silence, de l’absence, de la mort m’a glacée. C’est diablement précis, horrible… Si la survie devient l’élément primordial, le protagoniste craint également pour sa santé mentale. La solitude le ronge sur la route des Forêts, il se bat contre lui-même pour atteindre son but, sans lequel il sait qu’il abandonnera. La fatigue le brise, les douleurs, le poids de son sac. Mais il avance, il avance jusqu’aux Forêts. Si j’ai eu beaucoup d’empathie pour le personnage de Corentin, j’ai eu aussi parfois du mal à me ranger de son côté. Il est bien loin d’être manichéen. Mais en même temps, c’est aussi ce qui fait, en tout cas à mes yeux, un personnage réaliste. Les décisions qu’il doit prendre tout au long du roman sont loin d’être simples et ne relèvent pas uniquement de la survie.

Et évidemment, je suis touchée aussi par la probabilité que tout ça arrive. Pour de vrai. Que le monde s’embrase, que la vie meure, que le monde sombre dans le silence. Sandrine Collette nous rappelle ici l’imminence de la catastrophe. Elle ne donne pas vraiment de détails sur ce qui se passe ; uniquement le résultat. Le résultat d’une vague mortelle d’on ne sait quoi, qui éradique tout, à part quelques miraculés qui errent au milieu des cendres de ce qui fut si évident autrefois. L’absence de couleurs, de soleil, de plantes, de chants d’oiseau, d’insectes… Tout cela rythme l’aventure de Corentin. Tout cela m’est rentré dans le crâne. Et j’avoue, j’ai versé une vraie larme (ou deux) !

En bref, ce roman est fou. Puissant. Je pensais avoir déjà un bon aperçu de ce que pouvait être la littérature de l’apocalypse, mais je viens d’avoir la preuve que non. Âmes sensibles, abstenez-vous ! Mais pour les autres, délectez-vous car Et toujours les Forêts est une sacré bonne histoire.

Maintenant, je vais aller me mettre en position fœtale sur mon lit.
A bientôt !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s