La Vraie vie, Adeline Dieudonné

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♠ Titre : La Vraie vie

♠ Autrice : Adeline Dieudonné

♠ Éditeur : L’Iconoclaste

♠ Année de parution : 2018

♠ Nombre de pages : 266

♠ Genre : roman noir /tranche de vie

Bonjour ! Comme il s’est passé beaucoup de choses dernièrement, j’ai un peu moins lu. Mais pour ce qui est de La Vraie vie, ma première lecture de la rentrée littéraire, je l’ai lu en deux jours, dès que j’avais un petit moment. Je le voyais beaucoup réservé au boulot, me disant qu’il me faisait bien envie, et puis j’ai vu qu’il avait obtenu le prix littéraire du roman Fnac ! Et comme il fait partie des seuls prix que je lis (parce que je préfère de très loin les prix décernés par les lecteurs), je n’ai pas hésité bien longtemps !

La 4ème

C’est un pavillon qui ressemble à tous ceux du lotissement. Ou presque. Chez eux, il y a quatre chambres. La sienne, celle de son petit frère Gilles, celle des parents, et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. La mère est transparente, amibe craintive, soumise aux humeurs de son mari. Le samedi se passe à jouer dans les carcasses de voitures de la décharge. Jusqu’au jour où un violent accident vient faire bégayer le présent.

Dès lors, Gilles ne rit plus. Elle, avec ses dix ans, voudrait tout annuler, revenir en arrière. Effacer cette vie qui lui apparaît comme le brouillon de l’autre. La vraie. Alors, en guerrière des temps modernes, elle retrousse ses manches et plonge tête la première dans le cru de l’existence. Elle fait diversion, passe entre les coups et conserve l’espoir fou que tout s’arrange un jour.

Appréciation

Comme pour ce roman beaucoup de critiques ont déjà été publiées (oui, je lis des romans à succès en ce moment, des fois c’est bien), et plusieurs chroniqueurs ont comparé La Vraie vie à My Absolute darling, ce que j’appuie aussi. Je suis globalement dans le même état après la fin du roman d’Adeline Dieudonné qu’à la fin de celui de Gabriel Tallent. Mais je pourrais aussi penser aux Années cerises de Claudie Gallay. Bon alors me direz-vous, quel rapport entre ces trois romans ?

La solitude d’un enfant face au monde des adultes. Dans les trois cas, le héros ou l’héroïne se retrouve entouré de figures parentales abusives ou absentes. Dans le cas de La Vraie vie, la petite fille vit entourée de son père, colérique et violent, de sa mère, passive et inexpressive subissant les assauts de son mari, et de son petit frère. Ce dernier est son échappatoire dans un foyer complètement dysfonctionnel. Entre leurs jeux à la casse et le camion de glace, tous les deux tentent de survivre dans le Démo, un quartier aux maisons préfabriquées toutes semblables. Mais un accident violent va projeter le petit frère dans le monde brutal de son père. Ainsi, la jeune fille va se retrouver dans une solitude presque absolue, entrecoupée de visites chez La Plume et Le Champion, puis plus tard par le professeur.

Une menace planant. Le risque de ne pas s’en sortir est présent. Plus que de rester dans une vie déjà insupportable, la peur que la situation ne s’envenime flotte au-dessus d’une histoire noire foncée. Gilles, le petit frère, se laisse de plus en plus manger le cerveau par la hyène (allégorie de la violence choisie par la protagoniste) et devient un monstre. J’avoue avoir haleté avec la jeune fille lorsqu’elle rentrait chez elle, avoir ressenti sa peur lors de l’arrivée d’une colère de son père, avoir retenu ma respiration quand elle découvrait une nouvelle horreur de Gilles… La violence est tellement partout, mais principalement là où je l’attendais un peu, que j’ai sauté un passage ou deux pour m’épargner de pénibles descriptions (pardonnez mon cœur sensible). Elle monte, monte, monte…

L’espoir de s’en sortir. Chaque protagoniste a un désir élémentaire de se sortir sa situation dangereuse et étouffante. L’héroïne d’Adeline Dieudonné donnera d’abord sa foi à la magie, puis à la science, afin de remonter dans le temps et effacer la hyène de l’esprit de son petit frère. Pour ce faire, elle commence à se renseigner sur la physique quantique puis s’inscrit à des cours particuliers. C’est grâce à cela que trois personnes bienveillantes (et même cinq si on cherche bien !) entrent dans sa vie. La jeune fille ne lâche pas sa vie idéale, elle en veut, elle est forte, et j’ai bien retrouvé l’ardeur d’une Turtle en elle.

En conclusion, on a dans les mains une histoire diablement bien racontée, haletante, avec une rage de vivre et d’être racontée. Je m’interroge beaucoup sur le titre : est-il choisi pour dire que les événements du roman se passent aussi dans la vraie vie ? Ou parle-t-on plutôt de l’héroïne qui souhaite que la vraie vie revienne à une vie idéale ? Je suis toute chamboulée par ce livre, je n’en reviens toujours pas.

Note : 

Non, pas de coup de cœur pour cette fois, parce que je crois que je pourrais cauchemarder pendant plusieurs nuits des horreurs décrites. Je sais que j’étais passée un peu au-dessus pour My Absolute darling, mais cette fois-ci il y a un tel goût de réel et de déjà-lu dans les faits divers que je ne peux pas mettre un cœur à côté d’un titre pareil. Mais je tire quand même mon bonnet (bah oui, ça y est il fait froid), parce que c’est un sacré premier roman !

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