Bénédict, Cécile Ladjali [LAV]

9782330092405

♠ Titre : Bénédict

♠ Autrice : Cécile Ladjali

♠ Éditeur : Actes Sud

♠ Année de parution : 2018

♠ Nombre de pages : 260

♠ Genre : tranche de vie

Bonjour ! Je reviens un peu tard je l’admets après Oublier Camille, je n’étais pas des plus optimistes à l’idée de continuer le volet adulte de Livres à vous. On m’avait dit beaucoup de bien de Bénédict, et pourtant, j’ai eu un peu de mal à m’y mettre…

La 4ème

Bénédict, enfant d’une mère iranienne et d’un pasteur suisse, a grandi entre l’Orient et l’Occident, bercé par la poésie soufie et le souffle de l’Apocalypse, debout au milieu des contraires. Plus tard, devenu Maître Laudes pour ses étudiants, professant la littérature comparée à l’université de Lausanne et, un semestre sur deux, à celle de Téhéran, son enseignement singulier et sa mystérieuse personne inspirent passions et sentiments contradictoires à son public. C’est aussi que Bénédict semble une figure provocante, éminemment androgyne, affranchie des contraintes de sa naissance, prosélyte d’une parole de tolérance et de résistance, qui fait résonner dans les amphithéâtres des mots de liberté, ceux d’une révolution culturelle à conduire, ceux d’un monde où s’effacerait la dramatique et douloureuse séparation entre les sexes.

Roman de la réconciliation à la beauté grave et brûlante, Bénédict interroge les identités fixes et embrasse les genres, ouvrant un espace intermédiaire, entre grâce et pesanteur, vers un corps à corps apaisé par l’amour et la littérature.

Appréciation

Je ne connaissais pas du tout Cécile Ladjali avant ce roman, ni vraiment ce type de littérature, je suis donc partie en territoire inconnu. En fait, j’ai légèrement pensé à François-Henri Désérable, qui écrit de l’historique contrairement à Ladjali mais qui est peu accessible pour un public large. Je vous propose de faire cette chronique de manière très scolaire, en parlant d’abord du fond et ensuite de la forme !

L’histoire m’a beaucoup plu. L’autrice met en lumière un protagoniste éminemment androgyne, professeur de littérature comparée qui exerce le premier semestre en Suisse et le second en Iran. A travers son propre regard et celui de certains élèves, proches ou membres de la famille, nous découvrons ce personnage singulier, à la croisée des genres et des cultures. Cécile Ladjali ancre son roman dans une vraie contemporanéité, abordant le sujet des migrants, diablement actuel, et celui de la place de la femme en Iran (ce qui peut bien évidemment s’étendre au-delà des frontières de ce pays), tristement moderne. Ce roman est l’histoire d’une libération progressive du genre et d’une construction identitaire. Les questions soulevées sur la sexualité et le genre m’ont interpellée et ont créé autour de moi quelques conversations passionnantes sur l’identité. La condition féminine du Moyen-Orient m’a fait bondir de mon canapé (bon, il fallait s’y attendre, évidemment) et je m’en retrouve encore touchée après la fermeture du livre. J’ai appris beaucoup de choses, et je me suis souvenue de certaines autres qui, parfois, sont bonnes à rappeler : le sort réservé aux homosexuels, la (non) place des femmes dans la société, les diktats imposés aux hommes. Tout cela est amené avec finesse (à part pour quelques scènes qui m’ont un peu choquée, j’avoue) et ce n’est clairement pas un roman que l’on lit pour se détendre, c’est vraiment un roman qui amène des réflexions.

Bénédict, on me l’a conseillé et pourtant j’ai l’impression que ce roman n’a pas fait grand bruit. Probablement parce que ce n’est pas une écriture très accessible. C’est la première chose qui m’a vraiment frappée, et à ce niveau-là on peut se rapprocher d’Hélène Gaudy avec son Plein hiver ; Cécile Ladjali écrit bien, très bien. Le style est poétique, parfois assez soutenu, ce qui est à la fois positif (c’est beau, on peut le lire à voix haute et se délecter des jolies phrases) et négatif (ce n’est pas très accessible). Ce qui m’ennuie vraiment avec ce type d’écriture, c’est que je trouve que les personnages y perdent. Ici, Bénédict et les deux étudiants parlent comme personne ne parle ; ils ont de longues phrases ampoulées, un peu ronflantes… Alors oui, Bénédict est professeur de littérature comparée et les étudiants préparent une thèse, mais je ne crois pas avoir déjà entendu quelqu’un parler de cette manière. Peut-être que c’est une question de milieu social, je ne sais pas, en tout cas j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages à cause de cette mise à distance induite par le langage. Même si c’est beau, ok.

C’est compliqué pour moi de parler d’un roman de ce genre, parce que je suis toujours hyper partagée entre l’intérêt que j’ai pour les sujets abordés et la rudesse de l’expression écrite. D’un point de vue professionnel, je ne conseillerais pas ce roman à beaucoup de lecteurs, et j’ai hâte de voir ce qu’en pensent les collègues de ma Tribu Livres  à vous !

Note :

La liste de lectures avance doucement mais sûrement ! Encore un petit roman ado, et ensuite il faudra lire les romans adulte… Je ne vous cache pas que je ne suis pas très emballée, c’est vraiment très loin de mon univers.

Et vous, avez-vous lu Bénédict ? Avez-vous aimé ?

Publicités

4 réflexions sur “Bénédict, Cécile Ladjali [LAV]

  1. Comment ça tu n’es pas emballée par les romans adultes? Je ne vois pas du tout pourquoi tu dis ça… ^^
    J’ai encore quelques uns des romans ados à lire mais rien que de penser aux romans adultes qu’il me reste, j’y vais un peu à reculons, j’avoue…

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s