Depuis l’au-delà, Bernard Werber

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♠ Titre : Depuis l’au-delà

♠ Auteur : Bernard Werber

♠ Éditeur : Albin Michel

♠ Année de parution : 2017

♠ Nombre de pages : 436

♠ Genre : fantastique

Bonjour ! Il y avait un moment que j’avais envie de lire le dernier Bernard Werber (qui pourtant est sorti l’année dernière !), mais il était toujours emprunté dans les médiathèques alors j’ai pris mon mal en patience… En novembre 2017, comme certains le savent, se tenait la 9ème édition du festival Livres à vous, et j’avais à cette occasion assisté à une rencontre (que je vous ai racontée dans l’article du précédent lien) avec Bernard Werber. Il y parlait notamment de Depuis l’au-delà et de ses idées personnelles concernant l’après-vie et l’avenir de l’humanité…

La 4ème

Je me nomme Gabriel Wells.
Je suis écrivain de romans à suspens. Ma nouvelle enquête est un peu particulière car elle concerne le meurtre de quelqu’un que je connais personnellement :
Moi-même.
J’ai été tué dans la nuit et je me demande bien par qui.
Pour résoudre cette énigme j’ai eu la chance de rencontrer Lucy Filipini.
En tant que médium professionnelle, elle parle tous les jours aux âmes des défunts.
Et c’est ensemble, elle dans le monde matériel, moi dans le monde invisible, que nous allons tenter de percer le mystère de ma mort.

Appréciation

Pas besoin de suspense pour le coup je crois, j’ai adoré ce roman. J’avais peut-être été un peu déçue par son précédent roman, Demain les chats, parce qu’il manquait de ce que j’aime chez Werber : de l’humanité (oui, je sais, c’était une histoire d’animaux et pas d’humains). Ici, des backstories hyper travaillées, des tempéraments réfléchis et précis, des personnages vivants.

Gabriel est un écrivain de romans de genre. Un matin, il décide de se rendre chez le médecin car il n’arrive plus à sentir les odeurs et pense être atteint d’anosmie. Dans la salle d’attente, il rencontre Lucy, une medium (oui, ok, ce coup-là m’a fait hurler deus ex machina dans ma tête), qui lui explique qu’il est décédé et consent à l’aider dans la quête de son meurtrier. En échange, Gabriel devra lui aussi enquêter pour le compte de la jeune femme.

Gabriel est un héros agréable à suivre, peut-être légèrement formaté au départ mais doté d’une incroyable imagination, que la mort va rendre encore plus curieux et ouvert. Son côté écrivain désapprouvé par les critiques avides de « littérature de style » nous range forcément de son côté, étant en train de lire un roman issu de la littérature de l’Imaginaire. Lucy, quant à elle, est une medium hypocondriaque qui vit entourée de chats (ne dites pas « vieille fille », merci d’avance). Elle a eu ma sympathie immédiate, par son histoire pas banale et son caractère bien trempé. J’ai adoré les suivre tous les deux dans leur avancée. Les autres personnages ne sont pas moins intéressants, j’ai par exemple beaucoup apprécié le grand-père de Gabriel avec ses blagues ou encore Dolorès, une ancienne co-détenue de Lucy avec un honorable objectif. Par rapport aux personnages, la seule remarque que je peux faire est que j’ai trouvé très étrange la mise en place de leurs histoires respectives : chaque fois, un chapitre entier où le personnage en question raconte sa vie depuis le début (bon, ce n’est pas le cas pour tous). Je trouve ça assez simpliste /curieux de juste faire tout déballer comme ça à quelqu’un. L’avantage de cette technique-là est qu’elle permet d’inclure de petites histoires dans la grande.

La grande histoire est d’ailleurs passionnante. Qui n’a jamais rêvé de savoir ce qui lui arriverait après la mort ? Monsieur Werber, je croise les doigts de pieds pour que vous ayez raison, on n’a pas l’air de s’ennuyer dans les limbes (en tout cas pas tout le monde), et je rêverais moi aussi de croiser de grandes figures de la littérature (au moins Isaac Asimov et George Sand) ! L’auteur réussit à réunir fantastique, drame, thriller dans un seul roman, et pour ça, j’applaudis. Une victoire pour la littérature de genre, non ? J’ai d’ailleurs pris des bouffées d’énervement en lisant les passages où le critique Moisi (merci de l’avoir appelé Moisi) se lâche pour anéantir verbalement Gabriel, en encensant la littérature de style ; j’ai aussi eu un immense sourire ironique lorsqu’il a parlé de son roman (le roman de Moisi) de 1500 pages sur son enfance et ses relations tumultueuses avec son père. Nous lecteurs, suivons pendant tout le roman la guerre entre deux littératures, l’une prônant le fond et l’autre la forme… Lisez pour savoir qui gagne (hihi).

Bon et bien sûr, un bon roman de Bernard Werber est un roman qui fait réfléchir. Si j’avais trouvé que Demain les chats manquait de subtilité, Depuis l’au-delà se rattrape de multiples manières. L’auteur ne se contente heureusement pas d’un simple carpe diem mais aborde les sujets de surpopulation, de sexisme, d’amour, de maltraitance des animaux… Bon, je ne vais pas donner mes opinions personnelles ici parce qu’on parle littérature, mais c’est toujours un vrai plaisir de lire un roman avec ces préoccupations. Le roman est de plus ponctué d’extraits de l’Encyclopédie du savoir relatif et absolu, écrit officieusement par Edmond Wells, et officiellement par Bernard Werber (sorti en poche en 2003), et qui me démange très sérieusement. Il est donc possible qu’il rejoigne ma pile à lire incessamment sous peu…

En bref, Depuis l’au-delà est un roman qui m’a beaucoup plus, tant dans le fond que dans la forme, avec des personnages fort sympathiques, des histoires entremêlées passionnantes, des pistes de réflexion sur un tas de sujets… Et c’est aussi un roman qui continue après le mot « fin », au moins pour lire le nom de Patrick Baud dans les remerciements et écouter les musiques listées par Werber.

Note : 

Quoi ? Un nouveau coup de cœur ce mois-ci ? Oui, j’avoue, le mois commence tard mais il est pour l’instant une véritable réussite ! Je reviens très vite avec la suite des découvertes de juin !

Et vous, avez-vous lu Depuis l’au-delà ? Avez-vous aimé ?

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