L’Homme qui mit fin à l’Histoire, Ken Liu

56950

Titre : L’Homme qui mit fin à l’Histoire

Auteur : Ken Liu

Traducteur : Pierre-Paul Durastanti (anglais)

Editeur : Le Bélial’ (Une Heure-lumière)

Année de parution : 2016

Nombre de pages : 103

Prix : 8.90€ physique et 3.99€ numérique (Amazon)

Bonjour ! Après avoir traité deux services presse, je me suis tournée vers mes derniers emprunts à la médiathèque, parmi lesquels L’Homme qui mit fin à l’Histoire. Cette fois, je ne me suis pas renseignée avant, je l’ai juste lu en étant vierge de toute information à son propos.

La 4ème

Imaginez un procédé scientifique révolutionnaire permettant de retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée. Par une seule et unique personne. Sans aucune possibilité pour l’observateur d’interférer avec l’objet de son observation. Un procédé qui ouvre les portes de la connaissance, de la vérité, sur les périodes les plus obscures de l’histoire humaine. Plus de mensonges. Plus de secrets d’Etat. Avez-vous déjà entendu parler de l’Unité 731 ? Créée en 1932 sous mandat impérial japonais, dirigée par le lieutenant-général Shirö Shii, cette unité militaire de recherche bactériologique se livra à l’expérimentation humaine à grande échelle dans la province chinoise du Mandchoukouo, entre 1936 et 1945, provoquant la mort de près d’un demi million de personnes… Cette invention révolutionnaire va enfin permettre de savoir la vérité sur ces terribles événements, à peine reconnus en 2002 par le gouvernement japonais, et couverts pendant des années par le gouvernement américain. Quitte à mettre fin à l’Histoire…

Appréciation

Quand je dis que je ne me suis pas renseignée sur ce livre, c’est à vrai dire un euphémisme. Depuis quelques temps, je vois beaucoup de lecteurs l’emprunter et le rendre, et j’avais une affection particulière pour sa couverture, et oui, c’est tout. J’ai donc emprunté un livre parce qu’il était joli (on ne se refait pas), en ayant juste compris vaguement qu’il parlait de voyage temporel. Quelle ne fut pas ma surprise alors de découvrir que l’histoire s’inscrivait dans la vague des crimes de guerre d’une unité spéciale Japonaise pendant la seconde guerre mondiale… Ne faites pas la même bêtise que moi, si vous êtes un peu sensible, ne lisez pas ce livre qui détaille certaines expériences sur des sujets humains vivants. Si vous êtes un peu accroché, alors c’est bon, on fonce.

La forme de la narration est très originale : il s’agit d’un documentaire, à priori télévisé, avec des images d’archive et différents personnages qui prennent la parole comme autant de chapitres. L’histoire est découpée en trois parties : description de la machine et de ses enjeux par les Pr Kirino et Wei, instigateurs du projets (je n’ai pas tout compris à cette partie, n’étant pas très penchée sur la physique) ; fonctionnement de la machine avec témoignage de ceux qui l’ont empruntée et réaction de différentes personnes ; conclusion. En 103 pages, la lecture se fait de manière aisée (en oubliant les aspects techniques de la machine pour ma part) et je ne me suis ennuyée à aucun moment. J’ai juste dû faire une petite pause après la description de certaines expériences menées à Pingfang.

Sous couvert d’un roman de science-fiction, Ken Liu nous parle ici de la mémoire des horreurs commises pendant la guerre et de notre manière à tous de la traiter. Comme on le sait tous, l’Histoire est écrite par les vainqueurs ; l’auteur donne la possibilité à ses personnages de la revivre et d’être témoin de ses atrocités. Ainsi, les différentes voix appartiennent à ceux qui ont revécu des moments de l’Histoire et à des négationnistes, ainsi que, parsemés dans le roman, des gens potentiellement croisés dans la rue par le journaliste.

L’Homme qui mit fin à l’Histoire est donc une réelle critique vis-à-vis de la manière que les Hommes ont de vivre la Mémoire. Bien sûr, on peut faire le parallèle avec les négationnistes de l’Holocauste et revivre les excuses des différents Etats suite aux horreurs commises durant la guerre (la guerre, c’est la guerre).

Alors, ce livre qu’est-ce qu’on en pense ? Déjà, je pense que si j’avais lu le résumé en entier, je ne l’aurais sûrement pas emprunté, en fin de compte. Mais maintenant que je l’ai lu, je peux dire que c’était une bonne lecture, une histoire bien menée, qui fait réfléchir. Après, je ne suis pas forcément fana de ces périodes ; sans être négationniste moi-même, je suis un peu trop sensible pour connaître dans le détail la vivisection pratiquée sur une femme enceinte et autre joyeusetés du roman (et de l’Histoire en règle générale). Donc si j’avais eu le cœur un peu plus accroché, j’aurais sûrement passé un meilleur moment !

Note : 

Oui, 4 étoiles, ça me semble à peu près juste pour ce livre qui m’a inspiré de belles réflexions sur la véracité des faits énoncés dans nos livres d’Histoire. Par contre, promis, je vous parle d’un roman qui n’a rien à voir prochainement !

Et vous, avez-vous lu L’Homme qui mit fin à l’Histoire ? Avez-vous aimé ?

Publicités

3 réflexions sur “L’Homme qui mit fin à l’Histoire, Ken Liu

  1. Pingback: Manhattan Marilyn, Philippe Laguerre [SP] | Folittéraires

  2. Pingback: Pierre-Fendre, Brice Tarvel | Folittéraires

  3. Pingback: Bilan littéraire de janvier 2018 | Folittéraires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s