Bilan du festival Livres à vous 2017

Après cinq longs mois de lecture, de découvertes et rencontres grâce au comité de lecture du festival Livres à vous, ce qui devait arriver arriva : le festival a eu lieu. Ma participation a été partielle, puisque j’ai pas mal travaillé dans les bibliothèques ; je n’ai donc pas pu assister à toutes les rencontres ni tous les événements organisés. Je vais vous proposer non pas une vue d’ensemble du festival, mais mon festival à moi, avec mes propres temps forts.


Les spectacles

Le festival Livres à vous est unique en son genre, et c’est en partie grâce aux spectacles qu’il propose de découvrir. J’ai pu assister à deux d’entre eux, et c’était magique.

 

La soirée d’ouverture – L’Une et l’autre

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La soirée d’ouverture a eu lieu le vendredi soir. Nous nous sommes rassemblés dans la salle du Grand Angle, qui propose régulièrement des spectacles, du théâtre, de la danse, des concerts… pour assister à un spectacle que je n’avais jamais vu auparavant : une lecture « en scène et en son ». A vrai dire, je n’avais aucune idée de la teneur du spectacle avant qu’il commence.

Après les discours d’ouverture, indispensables prouesses verbales, nous avons vues s’avancer sur scène deux grandes dames : La Grande Sophie et Delphine de Vigan. Cette dernière lisait des extraits d’œuvres choisis tandis que la première reprenait certaines de ses chansons dans le même esprit que les lectures. Certaines ont été écrites pour le spectacle, et Delphine de Vigan a même joint sa voix à celle de La Grande Sophie. Nous avons donc suivi leur fil rouge, de désespoir à espoir, de solitude à joie, de subir à choisir.

J’ai beaucoup aimé ce spectacle, les textes étaient tous très beaux (mais je ne sais toujours pas d’où ils sont tirés, enquête en cours), et tout s’est déroulé en douceur, avec calme. Pour moi, cette soirée était particulièrement inédite.

 

Cabine commune

J’ai également assisté le dimanche à une pièce mise en scène et jouée par des lycéens, à laquelle je me suis rendue avec Delphine Bertholon (oui oui !) dans un bus des années 60. Cabine Commune était son tout premier roman (je n’ai pas écrit de critique dessus mais je vous invite à le lire, il est très drôle !), et les lycéens l’ont joué façon émission de radio, jouant chacun leur tour chaque rôle imaginé par l’autrice.

Pour vous resituer un peu, je vous copie-colle ici la 4ème de Cabine Commune : « – Cette jupette, vous ne la feriez pas chez les enfants ? En six ans ? – Je ne pense pas, madame. 41xp1d1ekml-_sx307_bo1204203200_L’imprimé léopard, c’est un peu sexy pour une petite fille, non… ? – Quel dommage ! J’adore quand on joue aux jumelles ! – S’il vous plaît, ce cardigan, il existe en quelles couleurs ? – Noir, blanc, rose pâle, rose indien, rose fuchsia, bleu marine, bleu ciel… brique… marron… beige… vert d’eau, vert sapin… Enfin, ils sont tous là, vous voyez. – Hum. Pas de bordeaux ? » il fait référence à l’époque où l’autrice travaillait en prêt-à-porter, et nous a d’ailleurs confié, dans le bus de retour, qu’il s’agissait de vraies phrases entendues pendant ses heures de travail (lisez-le, sérieusement)…

Les élèves de l’option théâtre n’ont eu qu’un mois et demi pour lire le texte, s’en imprégner et réfléchir à leur mise en scène. Tous ont très bien joué le jeu, avec certains qui se détachaient du lot (ils iront loin en tout cas, tous). J’ai été impressionnée par leur sérieux et leur fidélité aux personnages, malgré le fait qu’ils devaient en changer régulièrement. Un petit spectacle très sympa !

 


Les rencontres auteur

J’ai pu assister à deux rencontres auteur dans le weekend (les seules qui coïncidaient avec mes horaires de travail). Ce que j’appelle « rencontres auteur », ce sont des sortes de rassemblements où les gens peuvent venir écouter l’auteur parler de son travail. Elles peuvent prendre la forme d’interview, de discussion entre écrivains, etc.

 

François-Henri Désérable

Quel drôle de hasard, que la première rencontre à laquelle je puisse assister soit celle avec l’auteur qui m’avait le plus partagée ! La rencontre a eu lieu à la médiathèque, et l’auteur, en tournée de promotion depuis août, a décidé de gérer lui-même sa rencontre 220px-fh_dc3a9sc3a9rableet de raconter un peu ce qu’il voulait, dans l’ordre qu’il voulait (il en avait un peu marre de dire toujours la même chose). Il a commencé par nous raconter un peu son dernier roman, Un certain M. Piekielny (il est dans la liste, je le récupère cette semaine !), puis son cheminement depuis ses études de droit à son statut d’écrivain, ce qui était très intéressant. Vous pouvez d’ailleurs retrouver cette partie-là dans la vidéo YouTube de La Grande Librairie, il avait tenu à peu près le même discours. Ensuite, et c’est là que c’est devenu plutôt intéressant, il a parlé de livres qui l’avaient marqué dans ses débuts d’archéologue littéraire, dont j’ai principalement retenu le nom d’Emmanuel Carrère.

Cette rencontre était très intéressante, cependant pas forcément assez pour me faire changer d’avis sur l’auteur. Le fait qu’il ait critiqué lui-même son premier roman (Tu montreras ma tête au peuple) m’a apporté un peu de sympathie, mais je reste sur ma première idée. Je suis toutefois subjuguée par son impressionnante culture littéraire.

 

Bernard Werber et Cécile Coulon

Ma seconde rencontre auteur a été la plus belle et la plus importante. Celle-ci s’est déroulée d’une manière que je ne connaissais pas encore : Cécile Coulon, invitée d’honneur au festival, a posé quelques questions à Bernard Werber, qui a répondu et rebondi sur ses paroles. Les deux auteurs étant amis, nous avons assisté à une discussion très intéressante et très fluide entre deux monstres de la littérature française.

Bernard Werber a donc pu s’exprimer sur des questions telles que le lecteur-créateur,avt_bernard-werber_7480 c’est-à-dire la notion du lecteur qui s’approprie le livre, crée les visuels et les sons ; les premiers écrits, détruits pour Cécile Coulon et moqués pour Bernard Werber (cette partie de la conversation était très drôle et permet aussi pour les jeunes auteurs de ne pas s’avouer vaincus !) ; la fuite dans un monde intérieur, afin de se créer un cocon personnel et de développer son imaginaire ; un monde idéal où se rencontreraient 7 milliards d’artistes ; mais aussi la mort, les animaux (Demain les chats), le sport, les espoirs d’avenir pour le monde…

J’ai a-do-ré cette rencontre. Bernard Werber est une personne très accessible, et je partage bon nombre de ses idées. C’est aussi quelqu’un de très optimiste, mais je crois que cela se ressent dans ses romans où chaque malheur est là pour laisser la place à de plus grands bonheurs (trois pas en avant, deux pas en arrière). En très bref, c’est une rencontre qui m’a fait beaucoup de bien, tant sur un plan personnel que professionnel et littéraire. Les questions abordées ont permis pour moi et sûrement d’autres de relâcher la pression par rapport à l’écriture et d’être serein dans la création. Rien que de repenser à cette matinée, je suis à nouveau ravie.

 


Les dédicaces

Que serait un festival littéraire sans ses séances de dédicaces ? Le dimanche, tous les auteurs étaient rassemblés au Grand Angle, en compagnie de libraires locaux et de médiathécaires (mais moi, j’étais là en touriste). J’ai profité de cette journée pour aller rencontrer les auteurs qui m’avaient marquée et leur faire signer mes livres. Je ne mettrai pas de photo de mes dédicaces par contre (autant vous prévenir), ce sont mes petits trésors secrets à moi.

 

Delphine Bertholon

Un vrai plaisir de l’avoir rencontrée ! J’étais très impressionnée après l’immense coup de cœur qu’avait été Les Corps inutiles, mais elle a su me mettre à l’aise très vite. Nous avions déjà discuté un peu via facebook lorsqu’elle était tombée sur ma critique de Coeur-Naufrage. J’ai donc découvert en vrai cette femme d’une gentillesse exceptionnelle, souriante malgré la fatigue que devait engendrer un tel festival, et nous avons pu parler de ses rencontres dans les classes, de son ressenti à la sortie de Cabine commune, de la vie parisienne… Je lui ai ramené mon exemplaire des Corps inutiles à dédicacer, exemplaire du comité, qui a bien vécu et ça se voit (mais c’est comme ça qu’on les aime, non ?).

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Cécile Coulon

Je l’avais déjà vue lors de sa rencontre en juin, où elle nous avait parlé d’elle et de ses livres (j’étais déjà presque amoureuse). J’ai découvert pendant le festival quelqu’un de drôle, très vivant, très cultivé, aussi. Pour moi, Cécile Coulon reste une autrice qui sait tout écrire (même si elle dit le contraire) et qui est un de mes coups de cœur du festival. J’ai acheté aux libraires un exemplaire de Trois Saisons d’orage, qui est le premier livre d’elle que j’ai lu et qui m’a complètement lancée dans sa bibliographie.

Trois Saisons d'orage, Cécile Coulon        DSC_1055        DSC_1075

 

Thomas Vinau

Là aussi, hors de question que je me rende au festival sans voir Thomas Vinau. Auteur qui m’a apporté beaucoup de réconfort et beaucoup de poésie pour une vie en dents de scie. Sauf que, j’avoue, devant lui j’ai perdu mes moyens (ne vous moquez pas, d’accord). Pourtant, c’est quelqu’un de très accessible, et qui porte une bienveillance incroyable dans le regard. Je suis tout de même très heureuse de l’avoir entendu me parler de Gaspard (héros de son roman et héros de sa vie), et de sa vision du festival. Je lui ai ramené mon exemplaire de La Part des nuages et ai acheté Le Camp des autres.

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En conclusion…

Je rajouterai à tout ça ma petite déception de n’avoir pas pu faire dédicacer Les Belles vies de Benoît Minville, quand je suis arrivée au Grand Angle après la rencontre Bernard Werber / Cécile Coulon, les stocks de la librairie étaient épuisés. Je n’ai pas non plus pu me faire dédicacer mon vieil exemplaire du Miroir de Cassandre par Werber, la queue étant un peu trop longue et ma présence sur les lieux un peu trop courte… Mais peut-être n’est-ce que partie remise !

J’ai passé un weekend exceptionnel, incroyable, extraordinaire (extraptionnel). J’avais déjà participé à des salons, mais l’expérience n’était pas aussi complète puisque souvent les salons ne proposent que des séances de dédicaces, pas -ou peu- de rencontres, pas de spectacles. J’ai raté quelques rendez-vous comme les lectures avec chauffeurs (lectures d’extraits dans des voitures anciennes), les projections (courts-métrages réalisés par les illustrateurs invités) ou d’autres rencontres… Mais je suis juste ravie de tout ce que j’ai pu faire, voir, de qui j’ai pu rencontrer. J’ai hâte de savoir qui sera présent l’année prochaine (même si c’est dans longtemps).

A très bientôt !

NB : les photos sont des images issues du World Wide Web. Je n’ai pas pris de photos du weekend (et je n’ai pas souhaité en publier en raison des nombreux mineurs présents au festival). Bisous !

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2 réflexions sur “Bilan du festival Livres à vous 2017

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