Le Camp des autres, Thomas Vinau

Bonsoir ! Avant-dernière critique avant Livres à vous, on peut dire que l’aventure touche à sa fin. Le Camp des autres fait partie de la rentrée littéraire 2017, et s’est donc ajouté à la liste du comité de lecture (fin de l’article). J’étais impatiente de le lire, ayant adoré ses autres romans (Ici ça va, La Part des nuages, 76 clochards célestes ou presque). Je vous présente donc son tout dernier, paru cette année chez Alma éditeurs.

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La 4ème

Gaspard et son chien s’enfuient dans la forêt. L’enfant a peur, il a froid, il a faim, il court, il trébuche, il se cache. Il est blessé. Un homme le recueille. Qui est ce Jean-le-Blanc ? Un sorcier, un contrebandier, un professeur ? Avec lui, et d’autres récalcitrants – ceux de la Caravane à Pépère qui défraya la chronique au début du XXème siècle – Gaspard va découvrir la vie en marchant sur le monde. « Je l’ai gardée au chaud cette histoire qui poussait, qui grimpait en nœuds de ronces dans mon ventre en reliant, sans que j’y pense, mes rêves les plus sauvages venus de l’enfance et le muscle de mon indignation. Alors j’ai voulu écrire la ruade, le refus, le recours aux forêts. », explique Thomas Vinau à propos de ce quatrième roman puissant, urgent, minéral.

Appréciation

Je sais que d’habitude je ne laisse pas le petit mot de l’éditeur à la fin du résumé de la 4ème, mais j’ai voulu vous en faire profiter parce qu’il permet de citer un peu l’auteur et de vous faire découvrir son style d’écriture, si ce n’est pas déjà fait. Un petit point sur l’éditeur, justement : j’ai découvert cette maison grâce à Thomas Vinau, qui est un de leurs auteurs phares. Ses précédents romans me sont arrivés dans les mains sous format poche (à part Il y a des monstres qui sont très bons, publié chez le Castor Astral parce qu’Alma n’édite pas de poésie), et je n’avais donc jamais tenu un de leurs livres… Mais je dois dire que j’ai beaucoup aimé l’objet, la couverture, le papier. Je trouve que ça va bien avec un texte tel que celui-là.

Le texte, parlons-en. Il s’agit d’un récit en 4 parties (non, je ne parle pas des parties délimitées dans le livre, qui sont plus nombreuses). La première est une histoire solitaire d’un petit garçon, Gaspard, et de son chien. Tous deux sont en fuite dans la forêt. La seconde débute lorsqu’il se retrouve dans la demeure de Jean-le-Blanc, un herbaliste vivant en ermite dans la forêt. La troisième partie détaille les gueules cassées de la Caravane à Pépère. Et la quatrième… Eh bien je n’en parlerai pas ici, il faudra lire !

Les deux premières parties m’ont fait un bien fou. Le retour aux sources, dans les bois, est sauvage et chaud. Je me suis sentie immergée à travers la nature, à ces deux personnages, Jean-le-Blanc et Gaspard, qui se découvrent l’un l’autre comme deux animaux. Et c’est ce que j’entends par retour aux sources : Thomas Vinau nous emmène dans le monde des plantes et des bêtes, à travers les pensées d’abord agitées puis avides du petit garçon. Avide de savoir, avide de liberté. Cette idée de liberté arrive brute dans le récit puisque Gaspard est en fuite. C’est de liberté qu’il a besoin, alors qu’il se sauve de sa maison. Puis elle devient de plus en plus psychologique : Gaspard apprend à lire, ce qui lui permet une nouvelle liberté de savoir. Elle atteint son apogée dans la troisième partie, lorsque l’on part avec Gaspard et la Caravane à Pépère, comme un gigantesque mouvement d’émancipation.

J’ai trouvé fantastique de trouver dans ce roman de nouveaux clochards célestes. Je comprends avec ce livre que c’est une question vraiment importante pour l’auteur. Et ces personnages, ce sont les parfaits laissés pour compte. Bagnards, romanichels, déserteurs et prostitués se sont alliés pour la liberté ; ne rendant plus de comptes à personne, ils atteignent l’indépendance. Clochards parce que rejetés par la société et perçus comme des dévoreurs de paysans et violeurs de femmes, célestes parce que ce ne sont que des voleurs libres d’aller où bon leur semble.  » Si nous marchons ensemble, nous sommes assez de rats pour conquérir cette terre de damnés. »

A la fin du roman, j’ai été très heureuse de trouver une note de Thomas Vinau à propos de son histoire (de laquelle est extraite la fin de la 4ème). Je ressens vraiment ses mots, ses livres me font tous le même effet. Encore une fois, c’était beau. Un beau voyage, une belle quête de sens. « Venez avec moi, je vous offre l’outrage, la brûlure, la ruade, le galop. Je vous offre la liberté des flammes sans lumière. »

Note : ★★★★★

Je m’arrête là, parce que je pourrais continuer des heures à complimenter les livres de Thomas Vinau, mais on n’est pas là pour ça ! J’espère en tout cas que je vous ai donné envie de les lire, et si c’est le cas, rejoignons ensemble la joyeuse bande de ses admirateurs. Si vous êtes intéressés, je vous mets le lien vers son blog : etc-iste.

Et vous, avez-vous lu Le Camp des autres ? Avez-vous aimé ?

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4 réflexions sur “Le Camp des autres, Thomas Vinau

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