76 clochards célestes ou presque, Thomas Vinau

Salut salut ! Après un bon roman, on part sur un recueil de nouvelles écrites par Thomas Vinau, un des invités du festival Livres à vous (vous connaissez la chanson ! sinon, cliquez sur l’article !). J’avais lu La Part des nuages, qui m’avait beaucoup plu et que je vous avais conseillé avec beaucoup de plaisir, et Il y a des monstres qui sont très bons (il n’aura pas sa critique par contre), un super recueil de poésie, et c’est tout naturellement que j’ai accueilli 76 clochards ou presque sur ma table de chevet. Le livre est sorti en 2016 chez le Castor Astral, et contient une préface et une « biobibliographie déraisonnée » d’Eric Poindron.

DSC_1085.jpg

La 4ème

Le clochard céleste ne dort pas sous la cloche du ciel, il dort dans le ciel, directement. Il dort, mange, boit, chie du ciel, mais il sent toujours la bête, ce mélange d’étoiles et de boue. Ces textes constituent une galerie de sales types, de déglingués et d’allumés, de borderline et de bords de route. Des types à qui je ne confierais pas mes enfants mais ont plus d’une fois recueilli mon cœur malade derrière les ongles noirs de leurs mots, de leur musique ou de leurs arts. Des hommes qui, en tombant, ont fait du bien aux autres. Des femmes qui ont sculpté, dans les sucs abjects de l’humanité, les doudous de mes petites nuits tristes. Ils n’ont pas renoncé. Ils n’ont la plupart du temps pas eu trop de chance non plus. Ils ont bringuebalé, sublimes et admirables, crevards dégénérés jusqu’à nos yeux blessés. Ils étaient peut-être malades, mais ce sont eux qui nous ont soignés de beauté, la vraie, la pure, celle qui ne renonce à aucune réalité.

Appréciation

Alors. Comment dire. Déjà, je suis désolée, mais rien que la 4ème est un argument valable de lire ce livre. Rien que la 4ème nous donne le ton, nous donne le rythme, nous donne la plume incroyable. En fait, juste en tournant le bouquin dans mes mains à la médiathèque, j’étais séduite.

Ensuite, on passe à la préface, rédigée par Eric Poindron, éditeur, auteur et critique littéraire, qui en un paragraphe exprime tout ce que je pense de Thomas Vinau : « le jeune homme est poète de partout ; le poète est un tout jeune homme qui écrit comme un  funambule, et beaucoup. Il enchante. On croirait qu’il s’amuse. » Tous deux sont correspondants et s’écrivent depuis plus de dix ans. La préface de 76 clochards célestes ou presque est un hommage autant qu’une dédicace, d’un homme à un autre, dont on sent la grande intimité. Un régal.

Puis il est temps de découvrir les clochards célestes. Et on commence fort, avec un portrait d’Antoine d’Agata, un des photographes qui ont le plus marqué mes études de photographie. Pour moi, on entrait par la grande porte sans s’encombrer plus. Et puis au fil des pages, on découvre de nouveaux « crevards dégénérés », on retrouve de vieilles connaissances. Thomas Vinau a écrit de courts textes au sujet de 76 hommes et femmes, classés par ordre alphabétique, parmi lesquels Francis Bacon, Diogène, Auguste Le Breton, Jules Renard ou encore Walt Whitman. Je ne les connaissais pas tous, et au fur et à mesure, deux sentiments se créent : d’une part, l’impatience de lire ce que l’auteur a écrit à propos de telle ou telle personne, et d’autre part, la curiosité de découvrir quelqu’un de nouveau. Je me suis beaucoup plu à décortiquer ces vies toutes plus déroutantes les unes que les autres. Après, je l’avoue, j’ai légèrement entrecoupé ma lecture avec d’autres livres (des mangas, pas des romans), tout simplement parce que 76 clochards célestes ou presque m’a un peu filé le bourdon ! Il s’agit tout de même de vies éclatées, et je me suis un peu remise dans le contexte de ma première visite d’expo d’Antoine d’Agata (c’était tendu de digérer une pièce entière tapissée de ses photographies, allez voir son travail, ça vaut le détour quand même).

Et on termine par la fameuse « biobibliographie déraisonnée commentée & de traverse de quelques clochards célestes », dans laquelle Eric Poindron reprend certains portraits pour y accoler des ouvrages, soit écrits par les clochards célestes, soit sur eux. J’y ai d’ailleurs pioché quelques références, pour plus tard, pour grignoter.

Note : ★★★

J’avoue que je ne m’habitue toujours pas au funambulisme de Thomas Vinau, cet homme m’émerveille à chaque bouquin de lui que j’ouvre. C’est pour moi un des auteurs phares de Livres à vous, merci Cécile Coulon !

Et vous, avez-vous lu 76 clochards célestes ou presque ? Avez-vous aimé ?

Publicités

3 réflexions sur “76 clochards célestes ou presque, Thomas Vinau

  1. Pingback: Livres à vous 2017 | Folittéraires

  2. Pingback: Bilan littéraire d’octobre 2017 | Folittéraires

  3. Pingback: Le Camp des autres, Thomas Vinau | Folittéraires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s