Les Belles vies, Benoît Minville

Salut ! Je reviens cette fois avec un roman de la liste du comité de lecture de Livres à vous, j’ai nommé Les Belles vies de Benoît Minville. J’avais déjà lu Rural Noir, qui m’avait beaucoup partagée, et j’étais donc pleine d’à priori en commençant celui-là. Il s’agit d’un roman paru en 2016 chez Sarbacane, dans la collection Exprim’.

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La 4ème

Vasco et Djib, deux banlieusards inséparables, sont envoyés pour un été en pension dans la Nièvre… Un choc des cultures, des personnages flamboyants : la vie belle, les belles vies.

Appréciation

Pour commencer, je vais essayer d’en raconter un peu plus que la 4ème, qui est franchement pauvre. Suite à un accrochage avec un autre jeune de banlieue, Vasco et Djib sont forcés par leurs parents de se rendre pendant un été dans la Nièvre pour les « redresser ». Ils arrivent donc chez Tata et Tonton, famille d’accueil, qui hébergent pas moins de neuf enfants placés par la DDASS, dont trois de leur âge : Chloé, Dylan et Jessica. Ces derniers et le duo de banlieusards sont les personnages principaux et l’intrigue se concentre principalement sur leurs liens de relation qui évoluent le long de l’été.

J’ai été très agréablement surprise par ce roman. Je ne suis pas folle de la plume de Benoît Minville, je l’avais même trouvée franchement laxiste sur les détails et les psychologies des personnages ; dans Les Belles vies, même si on se retrouve avec des personnages qui peuvent être parfois un peu cliché, les choses sont plus creusées. Alors est-ce parce qu’il s’agit d’une collection ado ? La cible change, mais le discours reste semblable, il me semble que l’auteur est donc très à l’aise avec une cible adolescente. Et la petite adolescente qui est en moi a trouvé cette histoire plutôt réjouissante.

Les personnages donc, sont nombreux, mais chacun est très vite identifiable (à part les petits qui sont les cautions cuteness) grâce à son caractère et son comportement, même par rapport à ses vêtements : Dylan porte une boucle d’oreille dorée, Jessica s’habille très court, Chloé a un look plutôt baba cool. Et si je n’avais pas ressenti une réelle empathie pour les personnages de Rural Noir, ici chacun a ma compassion. Dès l’arrivée de Vasco et Djib dans la maison de Tata et Tonton, on apprend les histoires des uns et des autres (dont une me frustre, mais je n’en dis pas plus), qui sont fatalement tragiques, famille d’accueil oblige. Une seule n’est découverte que sur la fin du livre, mais pour savoir laquelle, il vous faudra le lire, bien entendu.

Je me suis rendue compte également que lorsque j’ai fait la critique de Rural Noir (lisez-la, elle est bien, c’est le troisième lien vers l’article), je n’ai pas spécialement parlé de la Nièvre. Ces deux romans s’y passent, il s’agit d’un petit département de Bourgogne, comme la Saône-et-Loire dont je suis originaire. Dans le précédent livre, l’auteur en dressait un portrait assez sombre, avec ses histoires de trafic de drogue et de violence. Dans Les Belles Vies, c’est tout le contraire : même si Minville ne peut pas s’empêcher de mettre de la castagne, on voit une Nièvre calme, accueillante et douce (certes un peu raciste), au travers de Tata et Tonton, figures parentales plus qu’adulées par la petite bande. Entre après-midi ensoleillées au lac et promenades à vélo, l’écrivain a parlé dans ce livre de tout ce que j’aime retrouver quand je rentre au pays.

La temporalité est, je trouve, très intéressante. Le ton est donné dès le début du roman : il s’agit d’un été, pas plus, pas moins. Et là, l’auteur a très bien joué ses cartes : certains passages de cet intervalle sont détaillés, d’autres passent un peu plus vite (pour ne pas raconter deux fois la préparation du repas, par exemple). Grâce à cette manière d’écrire, Minville ne parle que des choses importantes : chaque chose importante est dite, et chaque chose dite est importante. Le fait que ce soit un roman ado permet d’aborder des sujets complexes et très importants pour ces âges-là : la sexualité, la confiance en soi, le rapport aux autres. Et je trouve que vraiment, l’auteur s’est parfaitement débrouillé avec ces problématiques indispensables.

Note : 

J’étais tentée de ne mettre que quatre étoiles, mais allons. Sans avoir complètement dévoré ce bouquin, je l’ai quand même beaucoup apprécié, et je n’ai pas grand chose de négatif à dire dessus. Je crois pouvoir dire qu’il pourrait faire partie des listes « Feel Good » de lectures d’été, et je pourrais aisément le conseiller. Alors… Pourquoi se priver ?

Et vous, avez-vous lu Les Belles vies ? Avez-vous aimé ?

A pluche !

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