Trois Saisons d’orage, Cécile Coulon

Bonjour à tou(te)s ! Aujourd’hui, j’ai terminé le roman Trois Saisons d’orage de Cécile Coulon, invitée d’honneur du Festival Livres à vous. Comme pour les autres invités, le comité de lecture lit les deux derniers ouvrages de Cécile Coulon, et j’ai craqué sur le résumé de Trois Saisons d’orage, complètement attirée par la thématique d’un village en campagne. Il y a un peu moins d’un mois, j’avais rencontré l’auteure avec mes collègues et j’avais énormément apprécié l’écouter parler de son attachement aux Lieux, et principalement ceux qui sont restés sauvages. Ayant passé toute mon enfance loin du monde, je ne pouvais que me sentir chez moi entre les pages de ce roman. Trois Saisons d’orage a été publié en 2017, chez Viviane Hamy.

DSC_1033.jpg

La 4ème

Les Fontaines. Une pierre cassée au milieu d’un pays qui s’en fiche. Un morceau du monde qui dérive, porté par les vents et les orages. Une île au milieu d’une terre abrupte. Je connais les histoires de ce village, mais une seule les rassemble toutes. Elle doit être entendue. L’histoire d’André, de son fils Benedict, de sa petite-fille, Bérangère. Une famille de médecins. Celle de Maxime, de son fils Valère, et de ses vaches. Une famille de paysans. Et au milieu, une maison. Ou ce qu’il en reste.

Trois générations confrontées à l’Histoire et au fol orgueil des hommes ayant oublié la permanence hiératique de la nature. Saga portée par la fureur et la passion, Trois Saisons d’orage peint une vision de la seconde partie du XXème siècle placée sous le signe de la fable antique. Les Trois-Gueules, « forteresse de falaises réputée infranchissable », où elle prend racine, sont un espace où le temps est distordu, un lieu qui se resserre au fur et à mesure que le monde, autour, s’étend. Si elles happent un enfant, noient un vieillard dans leurs torrents, écrasent quelques ouvriers sous les chutes de leurs pierres, les villageois n’y peuvent rien ; mais ils l’acceptent, car le reste du temps elles sont l’antichambre du paradis.

Appréciation

Il y a beaucoup à dire d’un tel livre. Dans les petits villages, il y a toujours des histoires de famille que l’on se glisse à l’oreille au café sur la Place de l’Eglise ou lorsqu’on dîne avec ses voisins. Je fais partie des natifs de villages, de ceux qui vivent les Trois-Gueules (à la différence que très peu de promoteurs se sont intéressés à mon village, que très peu de commerces ont ouvert, et qu’on y a même fermé l’école). Des histoires, j’en connais des dizaines, des comme celle-ci, des différentes.

Cécile Coulon disait qu’elle ne comprenait pas qu’en France, on catégorise tout de suite les romans qui se passent à la campagne de « romans du terroir ». Le nom enferme le livre dans une case beaucoup plus close que celle du roman français, avec un public précis. Public dont, en effet, je ne fais pas partie. Et à lire le résumé, sans avoir rencontré l’auteure ou fait partie du comité de Livres à vous, je n’aurais sûrement pas engagé la lecture ! Et pourtant, j’y aurais perdu, très clairement.

Nous suivons dans ce récit la vie d’une famille de médecins, de celle d’une famille d’agriculteurs et enfin, celle d’un lieu sauvage et fascinant, les Trois-Gueules. Ici, Les Fontaines, petit village du Massif, est un personnage à part entière, avec ses humeurs ; il est respecté comme un Dieu, prié parfois par les habitants. Cécile Coulon met beaucoup de soin à la description de l’histoire des Trois-Gueules et des Fontaines dès le début de son roman, plantant ainsi un décor plus vrai que nature. Je trouve son discours très honnête et très juste, qu’il s’agisse de ses personnages, dans leur franchise et leur perfection apparente, ou de ses lieux, dans leur grandeur splendide et leur terrifiante puissance.

Avant Cécile Coulon, je n’avais jamais rien lu de tel ; j’ai quitté la campagne à 15 ans pour rejoindre un internat en ville. Les récits à propos de la campagne me mettaient mal à l’aise à cause du sentiment de solitude qu’ils m’inspiraient. Aujourd’hui, j’ai appris à chérir cette solitude, et même si j’habite en ville, j’apprécie mes retours au pays, retrouver les vaches, les bois, les chats errants et le silence. Je suis donc heureuse de pouvoir savourer l’intimité des Trois-Gueules, et pour inaugurer ce sentiment tout neuf, je propose de le fêter !

Note : 

Oui je sais, ça fait déjà 3 livres qui ont 5 étoiles de suite, mais le prochain en aura moins, alors je me lâche, mes premières lectures pour Livres à vous sont nécessairement celles qui m’étaient les plus alléchantes. J’ai peur que le niveau se dégrade incessamment sous peu ! Heureusement, il me reste un autre roman de Cécile Coulon et un autre de Delphine Bertholon (dont j’ai lu ce livre et celui-là pour l’instant).

Et vous, avez-vous lu Trois Saisons d’orage ? Avez-vous aimé ?

A très vite !

Publicités

12 réflexions sur “Trois Saisons d’orage, Cécile Coulon

  1. Pingback: Livres à vous | Folittéraires

  2. Pingback: Tu Montreras ma tête au peuple, François-Henri Désérable | Folittéraires

  3. Pingback: Le Cœur du Pélican, Cécile Coulon | Folittéraires

  4. Pingback: Rural Noir, Benoît Minville | Folittéraires

  5. Pingback: Bilan littéraire de juillet 2017 | Folittéraires

  6. Pingback: Cœur-naufrage, Delphine Bertholon | Folittéraires

  7. Pingback: Le Rire du grand blessé, Cécile Coulon | Folittéraires

  8. Alors pour ma part, comme je te disais, j’ai pas aimé du tout !
    Je sais pas si c’est parce que ça change trop du genre que j’ai l’habitude de lire, mais j’ai trouvé cette lecture sombre avec un petit côté malsain.
    Je l’ai terminé, ça se laisse lire, et si c’est bien écrit – un peu trop imagé à mon goût parfois – ça reste un peu trop narratif pour moi. Sans compter qu’elle redit souvent les mêmes choses et que ça devient lassant de lire 10 fois les mêmes propos en 260 pages.
    Sinon, les personnages ont une image trop parfaite, trop lisse (même si on se rend compte que c’est pas forcément vrai), ils donnent vraiment l’impression d’être la perfection incarnée et c’est assez troublant.
    Voilà pour mon ressenti. Je m’attendais pas à ça et j’avoue que ça m’a un peu refroidi pour lire ses autres titres ^^ » je vais me concentré sur Jo Witek et Delphine Bertholon (je viens de terminé Cabine Commune en attendant d’avoir Coeur-naufrage et j’ai adoré ^^)
    bisous

    Aimé par 1 personne

  9. Pingback: Bilan du comité de lecture du festival Livres à vous 2017 | Folittéraires

  10. Pingback: Demain les chats, Bernard Werber | Folittéraires

  11. Pingback: Bilan du festival Livres à vous 2017 | Folittéraires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s