Les Brumes de l’apparence, Frédérique Deghelt

Bonjour tout le monde ! Avec ma vie parisienne trépidante, je peine à conserver le rythme que j’avais maintenu au début. Je reviens donc plus tard que prévu avec mon dernier livre, remercions ma longue heure de métro chaque matin et chaque soir !

Je vous retrouve avec du retard, mais rassurez-vous, avec de la qualité aussi. Les Brumes de l’apparence est encore meilleur que les précédents (et pour rester crédible, je vais être obligée de sous-noter un peu Brainless et Petits Moments de bonheur volés)… Le roman est sorti chez Actes Sud en 2014 et j’ai entre les mains la version Poche de Babel (qui fait partie de la moisson de juin). Je vous présente d’ailleurs mes excuses pour l’image, le problème étant que comme je le disais dans mon article précédent, j’ai pris la rincée de ma vie sur les quais, et que le livre étant dans mon sac à ce moment-là, il a pris l’eau…

04

La 4ème

Quand un notaire de province lui annonce qu’elle hérite d’une masure au milieu de nulle part dans l’isolement d’une forêt, décidée dans l’instant à s’en débarrasser, Gabrielle (parisienne, quarante ans) s’élance sur les routes de France pour rejoindre l’inattendu lieu-dit, signer sans état d’âme actes de propriété et autres mandats de mise en vente, agir avec rigueur et efficacité.

Un paysage, un enchevêtrement d’arbres et de ronces à l’abandon, où se trouve blottie depuis des décennies une maison dont une seule pièce demeure à l’abri du ciel, dix hectares alentour, traversés par le bruissement d’une rivière et d’une nature dévorante. Tel est le territoire que découvre Gabrielle, insensible à la beauté étrange, voire menaçante, des lieux, après des heures de route.

Contrainte de passer la nuit sur place, isolée, sans réseau téléphonique, Gabrielle s’endort sans avoir peur. Mais son sommeil est peuplé de rêves, d’odeurs de fleurs blanches et de présences.

Dans les jours qui suivent, toutes sortes de circonstances vont l’obliger à admettre ce qu’elle refuse de croire : certains lieux, certaines personnes peuvent entretenir avec l’au-delà une relation particulière. Gabrielle en fait désormais partie : elle se découvre médium.

Appréciation

Les Brumes de l’apparence est une petite claque. Frédérique Deghelt y mélange deux genres : le récit de vie et le fantastique. La première développe l’épanouissement personnel et spirituel, ainsi qu’une remise en question des certitudes que l’on a toujours. La seconde, fantastique, est plus légère et plus accessible. Une manière de parler des essentiels sans en avoir l’air ? Ça a parfaitement fonctionné pour moi.

Le personnage principal évolue petit à petit, avec lenteur et souplesse. Grâce à ce pas à pas, on s’identifie bien à Gabrielle, et on protège le petit nous qui avance dans ses mots. On apprécie ses découvertes physiques et spirituelles, parfaitement ponctuées et rythmées. Les dialogues, bien ancrés dans le récit, sont poussés et aboutis. Chaque personnage est précisément réfléchi, minutieusement construit avec un réalisme bluffant. Leur histoire, leurs réactions, leur passé et leur avenir sont intimement mêlés, avec une logique et une virtuosité qui force le respect. Tout fait sens ici.

L’idée du récit fantastique sent peut-être un peu le réchauffé, mais est vite contrebalancée par les questionnements soulevés par F. Deghelt. Des réflexions à la fois très simples et profondément compliquées : qui sommes-nous ? Que faisons-nous là ? Qu’y a-t-il après la mort ? Autant de questions essentielles mais vite oubliées. Une bataille entre l’inné et l’acquis, le matériel et le spirituel, les apparences et la vérité…

Note : 

Je suis réellement conquise par ce roman. C’est le premier de Deghelt que je lis, mais certainement pas le dernier (d’ailleurs, un autre m’attend dans ma PAL !). Moi qui avais peur de me retrouver avec dans les mains une copine de Lévy ou autre Musso (bien entendu, on ne parle que de mes goûts, je suis ouverte à la discussion)…

Etant donné les notes mises dernièrement et le niveau de ce roman-ci, j’ai dû revoir un peu mes jugements et je me tâte sérieusement à lire un livre naze pour que vous ne vous mettiez pas à croire que j’apprécie tout et que je n’ai aucun goût.

Et vous, avez-vous lu Les Brumes de l’apparence ? Avez-vous aimé ?

A très vite !

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11 réflexions sur “Les Brumes de l’apparence, Frédérique Deghelt

  1. lol tu me fais rire ^^

    en tout cas, ce livre me tente bien; je n’en ai jamais lu de cette auteure
    je vais farfouiller au boulot demain; peut-être avons-nous ce titre

    bonne soirée!

    J'aime

      • pour ce passage:
        « Moi qui avais peur de me retrouver avec dans les mains une copine de Lévy ou autre Musso (bien entendu, on ne parle que de mes goûts, je suis ouverte à la discussion)…

        Etant donné les notes mises dernièrement et le niveau de ce roman-ci, j’ai dû revoir un peu mes jugements et je me tâte sérieusement à lire un livre naze pour que vous ne vous mettiez pas à croire que j’apprécie tout et que je n’ai aucun goût. »

        les gens trop sérieux m’ennuient, donc c’est mieux que tu me fasses rire même involontairement :p

        J'aime

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