Brainless, Jérôme Noirez

Tout d’abord, le contexte. Ce livre ne fait pas partie de ma collection. Comme je l’ai dit précédemment, je suis en ce moment en stage dans une bibliothèque municipale, et de ce fait, j’ai participé à un office, voilà une semaine : c’est en gros une réunion Tupperware, mais avec des livres. Les offices sont organisés par des libraires, et y sont principalement présents des bibliothécaires de la région. Ils ont lieu régulièrement (l’office BD, par exemple, tous les trimestres). Je me suis donc rendue à deux d’entre eux, le premier organisé par Rendez-vous avec la nature (Chagny), à l’occasion duquel j’ai lu trois BD (Les Anges visiteurs, tome 1 : Eva, de Murzeau et Thilde Barboni ; La Favorite, de Matthias Lehmann ; Le Prédicateur, de Léonie Bischoff et Olivier Bocquet), et le second par La Mandragore (Chalon sur Saône). Ce dernier présentait des livres jeunesse (albums, premières lectures, documentaires, romans ado), parmi lesquels j’ai choisi Brainless, de Jérôme Noirez, édité par GulfStream (nouvelle collection Electrogène Fantastique) et paru en juin 2015.

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La 4ème

Jason, adolescent médiocre surnommé Brainless, habite Vermillion, petite ville du Dakota du Sud où la jeunesse s’ennuie. Tous les jours, Brainless se fait une injection de formol, pour ne pas pourrir. Depuis qu’il est mort, étouffé par une ingestion massive de maïs, les deux hémisphères de son cerveau peinent à communiquer. Son estomac ne digère que de la viande crue. Il a cessé de dormir et de respirer. En dehors de cela, son quotidien n’a pas beaucoup changé depuis qu’il est atteint du SCJH – le syndrome de coma homéostatique juvénile, une nouvelle maladie touchant les adolescents, de plus en plus répandue aux États-Unis – depuis qu’il est un zombie, autrement dit… Il lui arrive seulement, de temps à autres, de se demander quel goût a le cerveau humain. Mais parmi ses camarades de classe, certains ont des projets bien plus macabres.

Appréciation

Quand j’ai commencé Brainless, je ne m’attendais pas vraiment à ce que j’allais y trouver. J’ai mis une bonne dizaine de pages à rentrer dans l’histoire. Peut-être parce que le zombie n’est pas mon thème de prédilection, peut-être parce que je n’a pas retrouvé la structure du roman classique (exposition, élément déclencheur, péripéties, dénouement). En fait, dans Brainless, l’élément déclencheur (sa résurrection) est déjà passé. Une fois que j’ai dépassé cette petite frustration, j’ai apprécié pleinement ma lecture. Derrière des allures de série-préado se cache une critique pour le moins pertinente de la jeunesse américaine. Tous les personnages sont profondément stéréotypés, à l’exception de Brainless, l’antihéros parfait. Tout y passe : le petit groupe de pétasses friquées dévergondées (l’autoproclamé « Club des Salopes »), le petit gros dont tout le monde se moque, la gothique fascinée par la mort, l’équipe de foot dont le meilleur espoir est drogué jusqu’à la moelle, le directeur qui déteste ses élèves.. Et deux culs-bénis qui finiront par avoir une importance capitale dans le déroulement. Sans la présence de zombie(s), le récit serait probablement un peu plat. La structure de la narration participe à mon goût pour ce livre. L’histoire est rythmée par des interventions de Brainless, qui raconte comment il en est arrivé là et passe petit-à-petit du passé au présent, à la première personne. Et l’humour décapant de l’auteur ne gâte rien !

Note : ★★☆

Un livre que je recommande fortement malgré mes premières réserves. Vous trouverez aussi en fin de récit les Confidences pour cinéphile de Jérôme Noirez, dans lesquelles il parle des nombreuses références cinématographiques qu’il a insinuées dans son roman, et de son goût personnel pour les films d’horreur…

Et vous, avez-lu Brainless ? Avez-vous aimé ?

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9 réflexions sur “Brainless, Jérôme Noirez

  1. Ca me semble être un livre assez drôle en effet mais qui reste assez lecture pour ado, ce qui n’en fais pas une mauvaise lecture pour autant cela dit…
    Si je tombe dessus je le lirais probablement maintenant.

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  2. je l’ai repéré (fan d’histoire sur les zombies ^^) mais pas eu l’occasion de le lire encore; mes collègues vont finir par m’engueuler si je n’achète que du zombie pour le rayon sf adulte ^^

    sinon j’aime beaucoup ta bannière!

    J'aime

  3. Pingback: Les Brumes de l’apparence, Frédérique Deghelt | Folittéraires

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